Qu’il s’agisse de méditation ou du massage thérapeutique Shiatsu, un écart existe souvent entre l’idéal d’une discipline et son application dans la vie concrète. Cela ne doit surtout pas être un motif de découragement face à des actions qui nous renforcent et nous accompagnent pour affronter les épreuves de la vie.
«Je médite brièvement, chaque jour. Mais les journées qui s’annoncent vraiment trop chargées, je médite encore plus longtemps.» La formule n’est pas de moi et je la reproduis sans doute de façon imparfaite. Plus embêtant encore, je ne l’applique pas. Je la prends comme un objectif, un idéal de ce que devrait être ma pratique quotidienne. Je me réjouis quand je m’en approche, et m’efforce de ne pas l’oublier, même lorsque je m’en éloigne.
L’idéal et la pratique
Ce qui est vrai pour la méditation l’est également pour d’autres aspects de notre vie : hygiène alimentaire, sommeil, relation avec les autres… et Shiatsu. Il existe un écart entre l’idéal et la réalité. Il faut le comprendre comme une invitation à mieux faire, et non comme un acte d’accusation.
En tant que praticien Shiatsu, je dispense un massage thérapeutique, puis propose un protocole d’accompagnement : 3 séances en 3 semaines pour commencer, puis étalement progressif des soins. Je conseille des exercices, suggères des moyens d’améliorer son hygiène de vie… Bref, j’esquisse une approche « idéale » pour éliminer, ou tout du moins réduire, le déséquilibre problématique. Mais ce qui se passe après une séance ne m’appartient pas.
Le protocole d’accompagnement en Shiatsu
Je me souviens d’une dame se présentant à sa deuxième séance, dans le même état que pour la première, accentué par la culpabilité d’avoir « désobéi ». Ou d’une autre, croisée fortuitement en ville, qui m’explique embarrassée qu’elle a renoncé à prendre un autre rendez-vous car « elles n’avait pas fait ce qu’il fallait » après son soin.
A chaque fois, je rappelle que le reproche n’a pas sa place dans une relation Shiatsushi / Jusha (receveur.se) et que le cadre proposé n’est jamais un carcan. Chaque pas, même imparfait, compte pour lui-même, et ne pas se conformer à l’idéal ne justifie pas de renoncer à tout.
S’accorder un temps pour méditer est toujours bénéfique, même si l’on est pas aussi régulier qu’on le voudrait. Recevoir un soin japonais Shiatsu l’est également, même si l’on est pas encore prêt.e à s’inscrire dans un protocole « parfait ». Chaque action est une étape et prend le temps qui est le sien. Chaque séance de massage Shiatsu vaut la peine. Ne vous en privez pas.